
Un mercredi après-midi, au Clion. Je pousse la porte de l’ancienne école qui abrite les locaux de l’Outil en Main.
Un collégien pose des ardoises sur une charpente, un autre gâche du ciment pour monter un mur. Dans un atelier, de petites mains guident les machines à coudre ou le biseau à bois. Au milieu de la cour, ça discute autour d’un vélo tout juste réparé.
Didier Haincaud observe la scène et sourit.
Depuis un an et demi, il préside l’Outil en Main de Pornic, créé en 2019 à l’initiative de son prédécesseur Alain Belvèze. Avec une idée simple « permettre aux jeunes de 10 à 14 ans de découvrir les métiers manuels et du patrimoine… en mettant vraiment les mains dedans« .
Essayer, se surprendre
Ici, pas de spécialisation précoce. « Chaque enfant participe aux activités à raison de trois semaines par atelier. » Avec au total 14 métiers à découvrir, du travail des métaux à celui du bois en passant par le gros œuvre ou les ateliers créatifs.
« Ils ne choisissent pas, et c’est très bien comme ça. Ça évite de se fermer des portes. »
Et les surprises ne manquent pas.
Une jeune fille s’applique pour monter un mur. Un garçon prend goût au fil et à l’aiguille. Les idées toutes faites ne tiennent pas longtemps.
Pas de notes, mais des progrès visibles
Didier le rappelle simplement :
« Ici pas de notes, pas de bulletins à fournir. On regarde seulement si l’enfant a envie. »
Le reste suit.
Au fil des semaines, les gestes deviennent plus sûrs. Les enfants osent davantage. Ils gagnent en confiance et maturité.
Et parfois, ils repartent avec un objet fabriqué de leurs mains.

Le temps long de la transmission
Dans chaque atelier, des bénévoles. « Ce sont des gens de métier venus transmettre leur savoir-faire avec passion. »
Ils ne sont pas là pour juger, juste pour montrer et accompagner.
« On peut dire que l’Outil en Main favorise le lien social intergénérationnel entre les jeunes et les seniors. Tout le monde y gagne! »
Didier connaît bien cette dynamique. Ancien chef d’entreprise dans le bâtiment, il a toujours formé des apprentis et sait que « valoriser le travail manuel est essentiel pour l’avenir ».
Une aventure qui marque
Quand je lui demande un souvenir fort, Didier Haincaud remonte à 2024.
« L’Outil en Main a participé aux animations autour des Jeux Olympiques en réalisant une flamme symbolique, portée à Pornic par une centaine d’enfants ».
Chaque atelier a contribué à sa création. Une fierté collective.
Et demain ?
Les « promotions » se suivent et ne se ressemblent pas. « Cette année, nous accueillons 19 enfants dans 14 ateliers ». Et les idées ne manquent pas.
Un arbre à hirondelles est en cours de réalisation en partenariat avec la ville de Pornic. On y installera des nichoirs.
Didier évoque aussi la création de l’atelier Jardinage. La serre est prête, le matériel aussi « Il nous manque juste un bénévole ».
Mais Didier reste confiant.
À L’Outil en Main, les choses prennent le temps qu’il faut.
Cet article fait partie de la série « Visages de Pornic«
Bonjour Pornic va à la rencontre de ceux qui aiment notre ville et la font vivre. Ici, on raconte des chemins, des visages et des lieux où souffle le plaisir de créer et de partager.