Les armoiries de Pornic : apprendre à lire un langage oublié

Blason de la ville de Pornic. Source: Wikimedia Commons contributors

Un blason récent… composé avec soin

Contrairement à ce que l’on pourrait imaginer, le blason de Pornic n’est pas un héritage du passé. C’est même le contraire.

Il a été créé en 2011, après la fusion entre les communes de Pornic, du Clion-sur-Mer et de Sainte-Marie-sur-Mer. Son créateur est Romuald Renaud, un éminent spécialiste de l’histoire et de l’héraldique régionale.

Ces armoiries sont une composition. Chaque symbole a été choisi et ordonné pour dire quelque chose d’un territoire commun.

Un blason, comme une phrase à déchiffrer

Les armoiries fonctionnent comme un langage codé.

Chaque forme, chaque objet, chaque couleur a un sens précis. Rien n’est là pour faire joli. Tout est signe.

Lire un blason, c’est apprendre à repérer ces signes, puis à les relier entre eux, comme on le ferait avec les mots d’une phrase.

Dans celui de Pornic, plusieurs “fragments de phrase” s’articulent. Chacun vient d’une des anciennes communes aujourd’hui réunies.

Pornic, la mer, le combat et l’espérance

On reconnaît d’abord les symboles liés à Pornic elle-même : une ancre, un canon et une étoile.

D’après ce que j’ai pu lire ici et là, l’ancre, le canon et l’étoile évoquent le navire pornicais La belle étoile, capturé par la flotte anglaise en 1800. Ces trois éléments résument à eux seuls une histoire maritime.

Dans ce langage, ces symboles composent une première phrase : celle d’une ville tournée vers la mer.

Le Clion-sur-Mer, entre terre et eau

Les symboles évoquant Le Clion-sur-Mer racontent une histoire un peu différente.

On y distingue notamment une tour et un canal.

La tour représente la tour- carillon et, plus largement, une présence ancienne qui structurait le territoire. Elle parle d’enracinement, de stabilité, d’un point fixe dans le paysage.

La barre blanche figure le canal de Haute-Perche. Il rappelle que Le Clion est un territoire de transition, entre bois, marais et littoral.

Dans le langage du blason, cette association forme une idée simple : vivre ici, c’est savoir composer avec la terre et l’eau.

Sainte-Marie-sur-Mer, un héritage spirituel

Les symboles choisis pour Sainte-Marie-sur-Mer sont d’un autre ordre.

On y reconnaît facilement la figure de la Vierge Marie – en écho direct au nom de la commune. Elle rappelle également la Vierge- tabernacle que l’on peut admirer dans l’église.

Le porc-épic est également un symbole bien connu des héraldistes puisqu’il figure notamment sur les armes de Louis XII, le mari d’Anne de Bretagne. Ici, il évoque la mémoire des moines de Saint-Philbert qui auraient évangéliser la région.

A ce stade, on constate que le « message » change de registre. Il ne parle plus seulement d’histoire ou de paysage, mais d’une identité plus spirituelle.

Au centre, l’ancrage historique et géographique

Au centre, on voit des mouchetures d’hermine, déjà présentes sur les blasons originels des trois communes. Elles rappellent l’appartenance du territoire à la Bretagne historique.

Juste dessous, les armes du pays de Retz.

Les couleurs : la grammaire silencieuse du blason

Dans un blason, les couleurs ne sont pas choisies pour décorer : elles ont également un sens.

Sur celui de Pornic, on observe du bleu (azur), du rouge (gueules), du jaune (or), du vert (sinople).

À ces teintes s’ajoutent le blanc (argent) et le noir (sable),

Dans ce langage, les couleurs jouent un rôle comparable à une tonalité. Elles ne changent pas les “mots”, mais elles influencent la manière dont on les comprend.

Un signe simple pour dire l’essentiel

Parmi tous ces symboles, un détail peut passer inaperçu : des mains qui se serrent.

C’est sans doute l’élément le plus direct de tout le blason.

Il ne renvoie ni à une tradition ancienne ni à un code complexe. Il dit simplement l’union entre les trois anciennes communes.

Dans cet ensemble très codé, ce signe semble une évidence.

Un langage à relire

Comme vous le voyez, le blason de Pornic ne se lit pas immédiatement.

Il demande un peu d’attention, comme un texte qu’il faut déchiffrer.

Mais une fois les clés en main, il apparaît comme une composition cohérente.

La photo de couverture de l’article est extraite du site Geneawiki. Et pour écrire, je me suis appuyée sur des documents de la ville de Pornic, des publications du Pays de Retz et des ressources consacrées à l’histoire et à l’héraldique locale. Si des erreurs s’étaient glissées dans le texte ou si vous avez des précisions à apporter, merci de les partager en commentaires !

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