Le Pornic rêvé de l’écrivaine Claudine Chatelain

Venue chercher l’océan, Claudine Chatelain ne pensait pas devenir écrivaine. Dix ans plus tard, elle publie son troisième livre Au bord de l’océan, Dionysos s’est révélé, et m’a guidée qui se déroule entièrement à Pornic.

Elle pensait venir à Pornic pour retrouver l’océan. Elle y a trouvé bien davantage.

Lorsque je rencontre Claudine Chatelain sur l’esplanade de la Ria, face au Ara, un grand chapeau la protège déjà du soleil. La conversation s’engage en douceur.

Très vite, je comprends que son histoire ne parle pas seulement d’écriture. Elle raconte ce qu’une ville peut révéler de nous-mêmes.

« Je suis née au Maroc, au bord de l’océan Atlantique », me confie-t-elle.

Toute sa vie, ce lien avec la mer est resté intact. Pourtant, sa carrière professionnelle l’éloigne du littoral. A Paris puis à Troyes, elle exerce plusieurs métiers avant de devenir assistante sociale, tout en se formant, en parallèle, à la psychanalyse jungienne.

Au moment de la retraite, une évidence s’impose.

« L’océan me manquait. Avec mon mari, nous avons décidé de venir vivre au bord de l’eau. Nous avons découvert Pornic et nous avons eu un véritable coup de cœur. »

Sa mère les suit. En une semaine, tout est organisé.

Elle croit simplement changer de lieu. En réalité, elle change de vie.

Le rêve qui ouvre une porte

À peine installée à Pornic, un rêve la surprend : « Il me disait que j’allais écrire un livre sur l’analyse des rêves et les dessins projectifs ».

Elle sourit en racontant cet épisode car, pour une psychanalyste jungienne, les rêves sont des messagers. Celui-ci agit comme un déclic. Neuf mois plus tard, son premier manuscrit est terminé. Neuf mois encore seront nécessaires pour trouver un éditeur.

Puis tout s’accélère.

Les conférences se multiplient. Elle anime des cercles de rêves, des ateliers de dessin, intervient à l’Université permanente de Pornic.

« J’ai découvert une autre façon de transmettre. Une façon beaucoup plus libre, sans les contraintes des consultations en cabinet ».

Marcher pour mettre les idées en ordre

Je lui demande où elle trouve son inspiration. Sa réponse est immédiate. Elle marche tous les jours sur le sentier côtier, non pas pour chercher des idées, mais pour les mettre en ordre.

Je repense alors à ces kilomètres de sentier qui longent la côte. Combien d’histoires sont-elles nées ici ? Combien d’idées ont-elles mûri face à l’océan ?

Pour Claudine Chatelain, ce chemin est devenu un véritable atelier à ciel ouvert.

La lumière aussi compte beaucoup. « Elle est exceptionnelle et m’inspire énormément ».

Une ville qui donne envie de créer

Lorsqu’elle arrive à Pornic, Claudine Chatelain ne connaît presque personne. Mais elle est curieuse et rencontre des auteurs, des artistes, des bénévoles. Et découvre un Pornic plein d’une effervescence qui la séduit.

Avec Florence Lusetti, elle participe à la création du Salon du livre de Pornic . « Nous avons commencé modestement. Aujourd’hui, c’est une aventure humaine extraordinaire ».

Et mesure tout ce que cet engagement lui a apporté.

« Le Salon du livre m’a offert une nouvelle vie sociale. Il m’a permis de rencontrer des écrivains, des peintres, des lecteurs.. Je me sens vraiment intégrée à Pornic ».

Un roman profondément ancré à Pornic

Son dernier livre, Au bord de l’Océan, Dionysos s’est révélé, et m’a guidée paru en mai 2026, marque une nouvelle étape.

Pour la première fois, toute l’histoire se déroule à Pornic. Les falaises, le sentier côtier, la crique des Chênes Verts deviennent le décor d’un dialogue entre psychanalyse, mythologie grecque et quête de soi.

Deux femmes se rencontrent. L’une est psychanalyste. L’autre tente de se reconstruire après une rupture amoureuse. Puis, un jour, à la Birochère, elles croisent… Dionysos. Le dieu grec devient le guide qui accompagne les lecteurs à la découverte de leur inconscient.

« Mon objectif est de rendre Jung accessible au plus grand nombre. Le roman permet d’entrer dans ces idées de manière beaucoup plus vivante. »

Le livre parlera sans doute aux amateurs de mythologie, de psychologie ou de rêves. Mais il séduira aussi les amoureux de Pornic, qui reconnaîtront des lieux familiers au fil des pages.

« C’est à Pornic que je me réalise »

Au fond, ce qui me touche le plus dans notre conversation n’est pas son parcours d’écrivaine.

C’est cette impression qu’à un moment de sa vie, Pornic lui a ouvert un passage.

« Je me sens de plus en plus liée à cette ville. C’est ici que je m’épanouis et que je me réalise pleinement, par l’écriture, la peinture et tout ce que cette ville m’apporte. Pornic est un lieu magique où l’on peut libérer sa créativité ».

Avant de nous quitter, je lui pose une dernière question. Si Pornic était un rêve, à quoi ressemblerait-il ?

Elle ferme les yeux, réfléchit puis répond avec un sourire : « Ce serait une belle femme surgissant de l’océan, scindé en deux pour laisser un passage ».

Une image poétique. Comme si la ville ouvrait un passage entre une vie et une autre.

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