
Nous nous sommes retrouvées à Sainte-Marie-sur-Mer, à la terrasse d’un café derrière l’église. Autour de nous, les conversations allaient bon train, mais Nathalie Hopkins gardait cette attention particulière de ceux qui observent tout.
Sa voix est posée. Dans sa tête, en revanche, tout circule très vite : des rendez-vous à caler, des informations à vérifier, des sujets à proposer, des contacts à rappeler…
À Pornic, Nathalie Hopkins fait partie de ces personnes qui savent presque tout avant les autres. Depuis 2017, elle est correspondante de presse locale pour Ouest-France. Culture, patrimoine, économie, vie associative… elle raconte Pornic au quotidien.
De Superman à la presse locale
La scène est restée gravée dans sa mémoire. Nathalie a 7 ans quand ses grands-parents l’emmènent voir Superman au cinéma. Pourtant, ce n’est pas le super-héros qui la marque le plus.
« Quand j’ai vu la salle de rédaction du Daily Planet, je me suis dit : c’est ça que je veux faire. »
Le téléphone qui sonne, les journalistes qui courent, l’effervescence permanente : la vocation naît là, dans cette rédaction new-yorkaise de fiction.
Elle ne la quittera plus.
Après des études de lettres et langues puis une école de journalisme en Belgique, Nathalie débute au Courrier de l’Ouest. Plus tard, la vie l’emmène en Irlande, où elle rencontre son mari, puis en Allemagne. Là-bas, elle découvre la radio internationale en réalisant des piges pour la Deutsche Welle.
Et puis vient le retour en France. En 1997, le couple s’installe dans la maison familiale de Sainte-Marie-sur-Mer.
« Mes parents se sont rencontrés enfants sur la plage des Sablons. » Une phrase qui en dit long sur l’ancrage familial !
Malgré un détour dans la création de sites Internet, le journalisme reste un fil rouge. Il revient naturellement au premier plan quelques années plus tard lorsque Ouest-France recherche des correspondants locaux.
Une organisation solide
« Être correspondante de presse, c’est d’abord avoir un agenda très organisé, avec plein de couleurs » me confie Nathalie. Chaque couleur correspond à un degré d’urgence, à une relance, à un contact à rappeler.
« La première chose que je fais le matin, c’est d’allumer mon ordinateur. ». Elle surveille Internet, échange avec son réseau, reçoit quantité d’informations. « Aujourd’hui, beaucoup de choses viennent à moi parce que les gens me connaissent ».
Les sujets peuvent être publiés le lendemain… ou plus tard. « Je propose, le secrétariat de rédaction dispose. C’est pourquoi l’expérience est importante pour choisir les sujets et savoir comment les traiter ».
Un métier de terrain… et de rencontres
Parce que Nathalie passe beaucoup de temps seule derrière son écran, les rencontres comptent d’autant plus.
Chaque reportage devient une porte d’entrée vers un univers différent. Une association qui monte un spectacle, des entrepreneurs avec une offre originale, un club sportif au sommet, des passionnés d’histoire…
« Grâce à eux, je découvre des domaines que je n’aurais pas connus autrement. »
Derrière chaque échange, Nathalie cherche ce qui mérite d’être transmis. C’est sans doute ce qui l’a conduite à développer en parallèle une activité d’écrivain-biographe.
Écrire simple, écrire juste
Chez Nathalie Hopkins, pas de phrases compliquées. En bonne journaliste, elle revendique une écriture simple et accessible à tous.
Et elle sourit en parlant du calibrage des articles. « J’aime bien travailler avec des contraintes, c’est un jeu d’écrire au signe près ».
À l’heure des réseaux sociaux et des « pseudo-infos », comme elle les appelle, elle croit profondément au rôle du journal local pour entretenir les liens et témoigner de la vie quotidienne au plus près des habitants.
« Nos articles sont conservés dans les archives du journal et, mis bout à bout, ils créent une mémoire locale. »
« À Pornic, ça bouge tout le temps »
Ce qui frappe Nathalie depuis toutes ces années, c’est la vitalité de Pornic. Une ville active bien au-delà de la saison estivale.
Elle parle avec enthousiasme des artistes, des associations, des spectacles, des cinémas d’art et d’essai, des événements sportifs, des jeunes aussi.
« Ça bouge et ça vit ».
Et surtout, elle n’a jamais le sentiment d’avoir fait le tour. Car pour elle Pornic réserve encore bien des surprises !
Cet article fait partie de la série « Visages de Pornic«