
Sur la corniche de Gourmalon, tout près de la plage de la Source, un filet d’eau douce s’écoule au pied de la falaise. Discrète aujourd’hui, la source de Malmy a pourtant joué un rôle décisif dans l’histoire de Pornic.
Avant les villas, avant les vacanciers, c’est elle qui attire les premiers visiteurs.
Une eau qui fait venir les premiers « étrangers »
Au début du XIXᵉ siècle, dans les années 1820, Pornic ne ressemble pas encore à une station balnéaire. Ceux que l’on appelle alors les « étrangers » – c’est-à-dire les non-Pornicais – arrivent pour une raison bien précise : leur santé.
L’eau de la source de Malmy, riche en fer, attire l’attention des médecins.
Le docteur Auguste Guilmin, apothicaire nantais et premier directeur du Jardin des plantes de Nantes, en fait analyser la composition dès le début du siècle. Les résultats confirment la présence d’une eau ferrugineuse, réputée à l’époque pour ses effets bénéfiques.
Le docteur Guilmin envoie alors ses patients à Pornic. Il encourage aussi ses confrères à suivre son exemple.

Pornic, destination de tourisme médical
Très vite, un mouvement s’installe. On vient « prendre les eaux » à Pornic.
Depuis Nantes, les curistes arrivent en diligence. Ils descendent vers le quartier de Gourmalon, rejoignent la source et suivent les prescriptions : boire l’eau, marcher, respirer l’air marin.
Jusqu’aux alentours de 1875, cette pratique structure une forme de tourisme médical. La mer attire déjà, mais la source joue un rôle central.
Puis tout s’accélère.
L’arrivée du chemin de fer ouvre Pornic à une clientèle plus large. Les Nantais ne sont plus les seuls : les Parisiens viennent à leur tour profiter du lieu. La station se développe, change d’échelle, et s’oriente progressivement vers les bains de mer.
Une source inscrite dans le paysage
Aujourd’hui encore, la source de Malmy se laisse découvrir au pied de la falaise, le long du sentier du littoral.
Un escalier de pierre, construit en 1836, permet d’accéder à la source. Juste au-dessus, la vie balnéaire s’organise. Et le centre de thalassothérapie rappelle que le soin par l’eau fait toujours partie de l’identité locale.

Un lieu discret, mais fondateur
La plage de la Source doit son nom à cette eau ferrugineuse. Et, d’une certaine manière, Pornic lui doit aussi une part de son histoire.
La source de Malmy ne se visite pas comme un monument. On passe souvent sur le sentier sans s’arrêter. Pourtant, quelques marches suffisent pour remonter un peu le temps.
Un détour qui change le regard
S’arrêter à la source de Malmy, c’est comprendre Pornic autrement.
Avant d’être une ville de vacances, Pornic a accueilli des curistes. Avant les bains de mer, on venait boire une eau ferrugineuse au pied d’une falaise.
La prochaine fois que vous passerez à Gourmalon, prenez l’escalier. Regardez l’eau couler.
Vous serez exactement là où tout a commencé.
Cet article fait partie de la série « Entre deux marées«