Andrée-Paule Jacquin et les Concertinos : la musique en partage

Une maison, une chatte… et des goélands

Je l’ai rencontrée chez elle.
À peine la porte franchie, j’ai été accueillie par une adorable petite chatte, manifestement habituée aux visiteurs bienveillants. Dans le jardin, Andrée-Paule Jacquin nourrit les goélands. La scène est douce, presque incongrue, et dit déjà beaucoup d’elle : une attention tranquille au vivant, une générosité sans bruit.

C’est dans ce cadre simple et chaleureux que nous avons parlé des Concertinos de Pornic.

« On ne s’est pas posé mille questions »

Andrée-Paule n’est pas musicienne professionnelle.
« Je tapote un peu le piano, mais il n’y a que mes chats qui aiment ça » sourit-elle.
Elle a pourtant un amour profond pour la musique classique qui, selon elle, fait partie de nos racines occidentales et mérite d’être défendue.

Ancienne professeure de sciences physiques – trente-huit ans d’enseignement – elle a gardé le goût de la rigueur, mais aussi celui de la transmission. Quand elle arrive à Pornic avec son mari, rien ne la prédestine à se lancer dans l’organisation de concerts.

Et pourtant.

La naissance de Musica Pornic

« En 2007, quand mon mari est devenu adjoint au maire chargé du tourisme et du développement, il a été à l’origine de la réfection de la chapelle de l’hôpital. Un jour, je lui ai demandé : Mais à quoi va-t-elle servir, cette chapelle?

La réponse était là, sous leurs yeux.
Une acoustique exceptionnelle, due à un plafond en carène de bateau renversée.
« L’idée des concerts s’est imposée. On s’est lancé sans budget, sans rien, juste avec quelques copains. »

L’association Musica Pornic voit le jour. Quelques sponsors permettent de démarrer et aujourd’hui, une équipe d’une douzaine de bénévoles organise les Concertinos.

Accueillir, vraiment

Chez Andrée-Paule Jacquin, le mot accueil n’est pas un concept. C’est une pratique.

Les artistes qui viennent jouer aux concertinos ne sont pas « programmés », ils sont invités. La nuance est importante. François Dumont, pianiste classique et directeur artistique, sert de boussole. C’est lui qui propose les musiciens, tous de très haut niveau et habitués aux plus grandes salles internationales.

À Pornic, ils découvrent autre chose.

« On les accueille chez nous« , dit Andrée-Paule sans emphase, comme si cela allait de soi.
Pas de distance inutile, pas de mise en scène. Juste une attention sincère pour qu’ils se sentent bien. Et cela s’entend, littéralement, dans la musique.

Le jour du concert, chacun sait ce qu’il a à faire. Les bénévoles sont là, discrets et efficaces. Communication, affiches, logistique, accueil du public…
« Chacun joue sa partition. » La métaphore musicale tombe juste.

Quand l’harmonie se prolonge

Aux Concertinos, la musique ne s’arrête pas avec la dernière note.

Après le concert, artistes et spectateurs se retrouvent autour d’un verre. Les barrières tombent, les questions circulent, les sourires aussi. Certains découvrent la musique classique pour la première fois, d’autres l’aiment depuis toujours. Peu importe.

« Nous tenons à proposer des programmes accessibles et variés. La musique classique ne doit pas être réservée à ceux qui savent » insiste Andrée-Paule.

Pornic et la musique

Les Concertinos sont aussi nés d’un désir plus large.
Celui de montrer que Pornic n’est pas seulement une station balnéaire.

« Il y avait cette volonté de donner à la ville une image culturelle, toute l’année. »
Pas une culture tapageuse, mais une présence régulière et enracinée.

Et puis il y a les jeunes.
« Si on ne les amène pas à la musique classique, qui le fera? »

« Les concertinos ne peuvent pas mourir »

Quand je lui demande ce qui lui donne l’énergie de continuer depuis 20 ans, la réponse fuse:
« Parce que les concertinos ne peuvent pas mourir ! »

Il y a les spectateurs fidèles, ceux que l’on reconnaît. Et puis ceux qui arrivent pour la première fois, un peu par hasard. Il y a surtout ce plaisir partagé, palpable, qui donne envie de recommencer.

Parmi les moments marquants, Andrée-Paule évoque le concert d’Augustin Dumay qui était son idole de jeunesse. Un rêve devenu réalité.

Une phrase, un instrument

Pour terminer cet entretien, je demande à Andrée-Paule de décrire les Concertinos en une seule phrase. Ce sera « De la musique conviviale pour tous. »

Et si Pornic était un instrument de musique ?
Elle n’hésite pas longtemps. Ce serait un violoncelle. « Avec sa tessiture qui va des plus graves aux plus aiguës, cet instrument peut exprimer une large palette de sentiments, une certaine nostalgie. Il s’adapte à tout« .

Le violoncelle emmène loin, sans jamais forcer.
Les Concertinos de Pornic aussi.

Bonjour Pornic aime aller à la rencontre de ceux qui aiment notre ville et la font vivre. Ici, on raconte des chemins, des visages et des lieux où souffle le plaisir de créer et de partager.

Cette publication a un commentaire

  1. Jacquin AP

    Quelle belle relation de l’ambiance des concertinos et comme je pourrais vous en parler pendant des heures! toute cette amitié d’un jour qui naît se renouvelle, amitié dans l’équipe avec les artistes et que j’aimerais partager avec notre public … merci Bonjour Pornic

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