À Pornic, Céline Boudsocq a lancé le dîner des nouveaux potes. Le principe est simple : réunir des inconnus autour d’une table, poser des questions surprenantes… et favoriser les échanges. Une façon originale de briser la solitude et de créer de nouveaux liens.

Une rencontre autour d’un thé
Samedi matin, centre-ville de Pornic, chez MOW&MY. L’ambiance est moderne et épurée. Céline Boudsocq commande une tisane, je choisis un thé vert. Avant même de parler, une photo pour Facebook. Sourires. Puis la conversation s’installe, naturellement.
Très vite, une évidence : comme moi, Céline aime aller à la rencontre des gens. Elle montre une curiosité sincère, sans artifice. Une qualité précieuse, quand on crée des évènements pour relier les autres.
« Je me sens vraiment pornicaise »
Installée à Pornic depuis 2006, Céline revendique son attachement à la ville.
« J’adore Pornic et je me sens vraiment pornicaise », confie-t-elle. Même si elle est partie vivre trois ans à La Rochelle, elle a toujours su qu’elle reviendrait car elle s’y sent bien.
« On entend souvent dire que c’est une ville morte l’hiver, qu’il n’y a que des retraités. Mais ce n’est pas vrai. Il y a plein de choses à faire ici ».
La Rochelle, ou la solitude choisie
L’idée du dîner des nouveaux potes prend forme à La Rochelle, lors d’une période charnière pour Céline. Elle y emménage mais s’y retrouve sans famille, ni amis.
« J’ai décidé de ne pas subir la solitude » explique-t-elle.
Ne connaissant personne, elle s’oblige à sortir. Apéros, thés, activités via des groupes Facebook.
« Au début, c’était hyper violent de se forcer » reconnaît-elle. Mais très vite, elle se fait des amis et fait une découverte inattendue.
« J’ai compris que j’aimais rencontrer des personnes nouvelles et très différentes les unes des autres ».
Un jour, elle tombe sur un événement parisien dont le principe est simple : réunir des inconnus autour d’une table.
« Et c’est parti comme ça ».
Le premier dîner des nouveaux potes, ici, à Pornic
De retour à Pornic, Céline ne veut pas retomber dans l’isolement. Elle commence par organiser des apéros. Puis les attentes évoluent. « Les gens disaient que ce serait bien de faire des repas ». Elle écoute, ajuste, suit le mouvement.
Le premier dîner des nouveaux potes a lieu en février 2025. Puis un autre en avril. L’aventure est lancée et rencontre un franc succès.
Des rencontres ouvertes à tous
Les dîners sont ouverts à tous, sans condition d’âge.
« Il faut juste être curieux et ouvert à la rencontre. »
Le profil des convives est varié : des personnes seules, des amis, quelques couples aussi.
« Il n’y a pas que des gens qui viennent briser la solitude. Il y a aussi des personnes très ouvertes, qui ont déjà un réseau ».
Un dîner pas comme les autres
Tout est pensé pour favoriser les échanges. Les participants s’inscrivent à l’avance et indiquent leurs centres d’intérêt. Des binômes sont formés pour l’apéritif, puis les tables de six à huit personnes sont tirées au sort.
L’animation se fait autour de questions inspirées par les neurosciences. Parfois surprenantes – Quand avez-vous ri aux éclats pour la dernière fois ? – ces questions permettent de se présenter autrement, de parler d’autre chose que du travail.
À chaque plat, les convives changent de table. Les conversations se prolongent.
Quand les conversations se prolongent
Céline observe ce qui se joue.
« À la fin du repas, les gens continuent à discuter. Ils échangent leurs coordonnées. Souvent, ils n’ont pas envie de se quitter ».
Des points communs émergent, des affinités se créent, parfois plus. Céline parle d’expérience.
« J’ai revu des personnes rencontrées lors des dîners. Aujourd’hui, nous sommes devenus amis. On est très différents, mais chacun apporte quelque chose ».
Le restaurant comme lieu d’échanges
Le choix du restaurant n’est pas anodin.
« C’est un lieu de convivialité, où l’on prend le temps. Et puis, je trouve important de faire travailler les restaurateurs locaux ».
Après les premiers dîners, les retours l’ont profondément touchée.
« J’ai reçu des messages de remerciement qui m’ont fait pleurer de gratitude. Certaines personnes m’ont dit que je les avais sortis de leur solitude ».
Elle marque une pause.
« Ce sont des messages d’amour de la part de personnes qui ne me connaissent même pas. C’est bouleversant ».
Une aventure qui fait sens
Quand je demande à Céline de résumer l’esprit du Dîner des nouveaux potes en une phrase, elle répond : « Un moment d’instant présent, à chaque fois différent, avec des personnes enrichissantes ».
Tout l’esprit de cette aventure est là !
Créer du lien, simplement
À Pornic, comme ailleurs, la solitude peut être discrète voire invisible. Céline Boudsocq a choisi de la rendre un peu moins lourde.
Vous l’avez compris, les dîners des nouveaux potes ne se résument pas à une sortie au restaurant. C’est un espace où l’on ose venir seul, pour repartir le cœur plus léger.
D’une fois à l’autre, des visages se reconnaissent, des conversations se prolongent. Des amitiés naissent, sans qu’on les ait cherchées.
À Pornic, créer du lien commence parfois par accepter de rencontrer quelqu’un que l’on ne connaît pas encore.

Pour se tenir informé des prochaines dates
Face aux nombreuses demandes, de nouveaux dîners sont prévus à Pornic, mais aussi à Guérande, Nantes, Rennes et aux Sables-d’Olonne.
Les dates sont annoncés sur la page Facebook du Dîner de nouveaux potes.