À Pornic, l’écriture se vit aussi comme une expérience sensible. Autrice et animatrice d’ateliers d’écriture créative, Catherine Baldisserri invite à laisser parler son imaginaire. Rencontre autour des mots, dans un cadre propice à la création et au partage.
Nous avions rendez-vous à l’éco-domaine de La Fontaine. Un lieu qui invite naturellement à ralentir et à écouter. Le genre d’endroit où l’on se parle à voix posée et où l’on peut évoquer son amour des textes. C’est là que j’ai rencontré Catherine Baldisserri, autrice et animatrice d’ateliers d’écriture à Pornic.

Un chemin fait de mots et de livres
Catherine annonce d’emblée : « Depuis que j’ai 12 ans, je vis avec les livres, entourée de livres, dans les livres, par les livres ».
Avant d’écrire, Catherine a longtemps circulé entre les langues. Anglais, allemand, italien. Elle enseigne, puis s’installe à Paris. Là, elle entre dans le monde de l’édition par la traduction de romans étrangers. Elle porte des projets, lit des manuscrits.
« J’ai côtoyé le monde éditorial pendant des années avant d’oser écrire moi-même ».
Et puis une évidence s’impose : « Je me suis rendu compte que je portais des histoires en moi ».
Elle se lance en 2017 et, à ce jour, a publié deux romans et un livre jeunesse illustré.
Quitter Paris, s’ancrer ici
Il y a dix ans, Catherine et son conjoint quittent Paris pour se rapprocher de leurs familles et s’installer à Pornic. « La mer est ma deuxième passion. J’en ai un besoin vital « .
Et là, tout semble s’aligner : les livres, l’écriture, le partage, les lieux d’inspiration.
Transmettre autrement avec les ateliers d’écriture créative
Les ateliers d’écriture naissent de ce double fil : l’écriture et la transmission. Catherine a été professeure, elle aime transmettre. Quand elle découvre les ateliers d’écriture créative développés dans les universités américaines, c’est une révélation. Si l’imagination est reine, l’approche est structurée. « Des outils, des techniques, des « ficelles » permettent d’écrire plus juste, sans se perdre ».
Elle lance ses premiers ateliers à la librairie L’Encre Bleue, autour de la nouvelle. Puis au Château, pendant un festival de théâtre. Peu à peu, elle crée ses propres formats, en petit groupe, parfois sur plusieurs mois, autour de thématiques telles que la maison d’enfance, le jardin ou la mer.
Lever les peurs
Souvent les gens lui disent qu’ils aimeraient participer aux ateliers mais qu’ils n’osent pas. La première crainte exprimée ? L’orthographe, la grammaire, les souvenirs d’école…
« L’orthographe ne doit pas être un frein. Il suffit que le texte soit lisible ».
Pour Catherine, ce qui compte est ailleurs : « Un atelier, c’est ouvrir grand l’imaginaire et se laisser entraîner. C’est beaucoup de lâcher-prise ».
La correction viendra plus tard, seulement si le projet le demande. « Quand on travaille sur le long cours, là oui, on affine, on gomme. Mais pas avant ».
Certains participants ont remporté des concours de nouvelles, d’autres ont publié à compte d’auteur. Mais ce n’est pas l’essentiel. Ce qui la rend heureuse, ce sont les progrès, les textes qui gagnent en justesse, les voix qui s’affirment.
De l’influence des lieux sur l’écriture
Catherine attache une grande importance aux lieux dans lesquels elle organise ses ateliers d’écriture. Quand c’est possible, les participants s’installent à l’extérieur « La nature participe à l’éveil des sens. Et ça change complètement les textes ».
Elle en est convaincue : « Sur un même sujet, on n’écrit pas du tout la même chose selon l’endroit. Le cadre joue énormément ».
Son rêve un peu fou serait d’ailleurs d’organiser des ateliers en mer sur le Salina ou le Saint-Michel, deux grands voiliers amarrés dans le port de Pornic.
Pornic et l’écriture créative
Quand je demande à Catherine ce que signifie pour elle « écrire à Pornic » la réponse fuse : « Je pense immédiatement au jardin du Château surplombant le port et la ria. Pendant l’atelier, nous l’avions surnommé le jardin suspendu. C’était magique, presque irréel ».
Et même si l’on a pas la chance de pouvoir écrire dans ce lieu hors du temps, à Pornic le littéraire est présent « à chaque fois que l’on peut écrire dehors face à la mer » et dans tous les évènements organisés autour des livres et de l’écriture.
Au fond, les ateliers de Catherine Baldisserri sont peut-être cela : des moments à soi. Des parenthèses où l’on joue avec les mots, où des émotions émergent. Des rires. Et parfois une vraie jubilation.
Cet article fait partie de la série » Visages de Pornic »
Bonjour Pornic aime aller à la rencontre de ceux qui aiment notre ville et la font vivre. Ici, on raconte des chemins, des visages et des lieux où souffle le plaisir de créer et de partager.