Alain et Les Petits Biscuits de Pornic: une histoire à croquer

À Pornic, au cœur de la ville haute, un parfum de sablés flotte dans l’air. Ceux qui suivent cette odeur gourmande arrivent forcément devant la boutique Les Petits Biscuits, où Alain Le Poultier accueille ses clients avec chaleur et simplicité. Derrière ses recettes, il y a une histoire, une passion et une volonté de donner du sens à son métier. Rencontre.

Alain Le Poultier, créateur des Petits Biscuits à Pornic

Petit, vous fabriquiez déjà des biscuits chez votre grand-mère. On peut donc parler d’une vocation ! Quel est votre parcours et comment êtes-vous devenu biscuitier à Pornic ?

Effectivement, tout a commencé chez ma grand-mère. Le week-end, nous faisions des biscuits ensemble. J’ai tellement de bons souvenirs que j’ai accroché dans la boutique une photo de moi enfant dans la cuisine familiale!

Après mes études j’ai travaillé comme directeur de site dans l’industrie agro-alimentaire. Mais j’ai eu envie de donner plus de sens à mon métier, d’être proche du produit, de mettre la main à la pâte au vrai sens du terme. Alors j’ai décidé de lancer ma propre biscuiterie.

Au départ, je travaillais uniquement pour les hôtels et restaurants, à qui je proposais des biscuits avec des emballages individuels personnalisés. Puis le Covid a bouleversé cette activité et cela m’a forcé à réfléchir. J’ai aussi réalisé que cet emballage en plastique questionnait d’un point de vue écologique. Il y a cinq ans, j’ai donc choisi une autre voie : vendre en boutique des biscuits en sachet.

Les Petits Biscuits est une entreprise familiale. Est-ce important ?

Mon épouse Emmanuelle m’a rejoint dans l’aventure il y a deux ans. Ce qui compte le plus pour nous est de rester fidèles à nos valeurs, de travailler dans un environnement qui nous plaît avec un produit dont nous sommes fiers.

Tant que j’aime faire des biscuits, je continue, mais le jour où ce ne sera plus le cas, j’arrêterai.

Y a-t-il une recette secrète derrière vos biscuits ?

La recette de base de mes sablés est celle de ma maman. C’est un « secret » sans l’être : je peux donner les ingrédients et les quantités, mais il y a tout le reste – le savoir-faire, la température, le pétrissage, la façon de travailler la pâte…

La différence entre un sablé maison, un sablé industriel et un sablé des Petits Biscuits, c’est la fabrication. Dans l’industrie, la pâte est comprimée pour en faire des galettes uniformes. Moi, j’ai conçu ma propre machine pour travailler autrement : je n’impose pas de contrainte mécanique à la pâte, ce qui la garde aérée et donne ce croustillant unique après cuisson.

Aimez-vous créer de nouvelles recettes ?

J’adore ça ! Nous avons déjà créé des moelleux au chocolat, de la crème au caramel… mais ma dernière fierté, ce sont les roulettes. Ce sont des cigarettes russes dans lesquelles on incorpore de la pâte à tartiner. Techniquement, ce n’était pas simple. Comme j’aime mettre de la technique sur des innovations produits, j’ai détourné une machine de son usage d’origine pour réussir ce défi.

Quelle est la meilleure façon de déguster vos biscuits ?

Pour moi, la meilleure façon de les déguster reste avec un café, après le repas. Un sablé aux éclats de caramel au beurre salé avec le café, ou un sablé vanille-fleur de sel accompagné d’une glace de la Fraiseraie : c’est parfait.

Si vous deviez décrire Les Petits Biscuits en trois mots gourmands, quels seraient-ils ?

Convivialité, plaisir, partage. Dans ma boutique, on peut goûter les biscuits même après un achat. Je veux que ce soit toujours un moment chaleureux, autour d’un gâteau partagé.

La terrasse des Petits Biscuits à Pornic

Pourquoi avoir choisi de vous installer au cœur de la ville haute, au pied de l’église Saint-Gilles?

C’est une histoire de circonstances et de rencontres. Le local était une brocante, j’ai apporté mes gâteaux à la propriétaire et lui ai expliqué mon projet. Elle voulait céder son bien à quelqu’un qui en ferait un lieu chaleureux et porteur de valeurs. Et comme il s’agissait autrefois d’une pâtisserie (la maison Gérard, c’est encore gravé sur la porte), l’endroit a retrouvé sa vocation d’origine. Il est redevenu un lieu de gourmandise.

Être dans le centre historique, près de l’église, ce n’est pas anodin. Il faut savoir que sur dix personnes qui visitent le Vieux Port, une seule se rendra dans la Ville Haute. Ici, les visiteurs viennent chercher autre chose : une histoire, un patrimoine, une pépite… Les Petits Biscuits s’inscrit parfaitement dans ce parcours culturel et touristique.

Comment vos clients participent-ils à l’histoire de votre biscuiterie ?

La clientèle locale est très fidèle. En toute modestie, nous avons créé un lieu de vie où il fait bon s’arrêter. Beaucoup de personnes âgées viennent ici quotidiennement, certaines appellent même la boutique leur «QG». Une dame de 95 ans met un point d’honneur à nous rendre visite tous les jours.

Et puis il y a ces clients qui veulent soutenir la vie du cœur de ville. Quand l’odeur de gâteaux se répand dans la rue, que je sors avec mon tablier jaune un peu tâché, ils savent que les biscuits sont fabriqués ici de manière artisanale. Leur achat prend sens.

Sablés au éclats de caramel - Les petits biscuits à Pornic

Si Pornic était un biscuit, quel goût aurait-il ?

Ce serait un sablé aux éclats de caramel au beurre salé. Avec du beurre breton pour la tradition, et une pointe de sel qui rappelle la mer. Pornic est une ville attractive, avec une place importante en Pays de Retz, et ce biscuit lui convient parfaitement. C’est d’ailleurs notre best-seller !

Enfin, si vous pouviez offrir un biscuit à quelqu’un de symbolique pour vous, lequel choisiriez-vous et pourquoi ?

J’aurais aimé offrir un sablé à Jean-Paul II, car il m’inspire et guide dans ma vie. J’aurais certainement eu la peur de ma vie, mais lui faire goûter mes biscuits aurait été une grande fierté.

Bonjour Pornic aime aller à la rencontre de ceux qui aiment notre ville et la font vivre. Ici, on raconte des chemins, des visages et des lieux où souffle le plaisir de créer et de partager.

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