Michel, projectionniste au cinéma Saint-Joseph de Sainte-Marie

Depuis sa cabine, il veille au bon déroulement des séances de cinéma et au plaisir des spectateurs. Michel Souday est projectionniste bénévole au cinéma Saint-Joseph de Sainte-Marie. Avec le sourire et beaucoup de passion, il contribue à faire de cette salle un lieu de rencontres autant qu’un lieu de culture. Rencontre avec un Pornicais amoureux du 7ème art.

Comment êtes-vous devenu projectionniste bénévole au sein de ce cinéma associatif ?

Je suis arrivé à Pornic en 2021 et, lorsque nous sommes allés à une séance au cinéma Saint-Joseph, j’ai été surpris qu’il y ait des avant-premières dans une petite salle de quartier. J’ai laissé un commentaire sur Google et une personne m’a contacté pour me proposer de devenir bénévole dans l’association qui fait vivre ce cinéma. Il y avait différents besoins et j’ai choisi de devenir projectionniste. Pour apprendre à me servir du matériel, j’ai travaillé quelques semaines en binôme puis je me suis lancé. Chaque bénévole assure entre 4 et 5 vacations par mois pour une quarantaine de films programmés.

Qu’est-ce qui vous plaît le plus dans ce que vous faîtes ?

D’abord, je suis passionné de cinéma. Et puis, même si la technique a évolué, j’aime l’ambiance qui rappelle Cinema Paradiso ! Nous avons tous à cœur de faire vivre un cinéma de quartier uniquement basé sur le bénévolat. Ici, pas de salariés, pas de pub. Et nous avons même le label « Art et essai ».

Avez-vous un souvenir marquant dans cette salle ?

J’apprécie les rencontres avec des réalisateurs ou des acteurs. Je me souviens de Jean-Claude Drouot venu présenté le film Monsieur Constant tourné à l’île aux moines avec Danièle Evenou et Jean-Yves Lafesse. Ou des comédiens venus du Kazakhstan, des réalisateurs arméniens qui sont intervenus lors d’un festival consacré au cinéma des pays de l’Est.

Selon vous, quelle place ce petit cinéma tient-il dans la vie du quartier et plus largement à Pornic ?

Même s’il a été fermé pour rénovation pendant quelques années, ce cinéma fondé en 1952 a plus de 70 ans. Il fait vraiment partie de la vie des gens du quartier. Nous avons beaucoup d’abonnés très fidèles car l’ambiance est familiale et chaleureuse. Et en été, les rediffusions de films attirent les estivants qui peuvent voir les films manqués pendant l’année.

Je pense aussi au rôle du cinéma lors de la Journée des jumelages organisée par la ville de Pornic. Pour nous, c’est l’occasion de projeter des films en V.O. et d’associer les associations concernées.

Nous organisons aussi des séances dédiées aux scolaires ou aux retraités. C’est très vivant.

Y a-t-il un film projeté au cinéma Saint-Joseph qui vous a particulièrement marqué ?

Cette année En Fanfare, le film d’Emmanuel Courcol, a été applaudi dans la salle ce qui est assez rare. Anatomie d’une chute, de Justine Triet, a aussi été un film marquant.

De manière plus générale, je dirais que nous assistons à de belles séances lorsqu’il y a des invités et un échange avec le public. Moi Capitaine, de Matteo Garrone, a donné lieu à un débat passionnant. Pour Un parfait inconnu, le film sur Bob Dylan réalisé par James Mangold, un journaliste est venu pour donner des clés pour comprendre ce qui était réel ou non.

Y a-t-il des films qui vous font penser à Pornic ?

Parmi les films tournés en partie à Pornic, il y a Les amours d’Anaïs, de Charline Bourgeois-Taquet avec Anaïs Desmoutiers. Ou Bonjour l’Asile, de Judith Davis.

Et puis, certains films évoquent merveilleusement la vie d’un petit cinéma. Cinema Paradiso, que j’ai déjà cité, mais aussi Empire of light de Sam Mendès.

Que souhaiteriez-vous que les spectateurs ressentent en venant au cinéma Saint-Joseph ?

J’aimerais qu’ils se laissent surprendre par le lieu et par l’ambiance de ce petit cinéma. Qu’ils se l’approprient. qu’ils se sentent chez eux. Et qu’ils pensent qu’on est bien dans ce cinéma !

Le cinéma Saint-Joseph à Sainte-Marie, c’est d’abord une association, l’Union Fraternelle Cinéma Saint-Joseph, fondée en1952 et présidée par Daniel Gouraud. Elle compte aujourd’hui une cinquantaine de bénévoles qui assurent toutes les fonctions nécessaires à la vie d’un cinéma. C’est aussi une salle de 185 places bénéficiant des installations techniques les plus performantes. Pour découvrir le programme, c’est ici.

Cet article a 2 commentaires

  1. Arnaud Drouelle Nadine

    Merciiii, très intéressant
    On faire suivre 🙂

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