
Ces cabanes qui attirent le regard
En longeant le sentier des douaniers, il est difficile de ne pas s’arrêter pour les admirer. Là, face à l’océan, ces petites cabanes en bois semblent suspendues au-dessus de l’eau. À marée haute, elles paraissent presque flotter. Leur silhouette, à la fois fragile et familière, intrigue.
Entre la plage de la Boutinardière et celle de l’Étang, on en compte une cinquantaine. Elles font partie du paysage, comme une signature discrète du littoral pornicais.
Une réponse ingénieuse aux marées

Tout commence avec les marées. Sur la côte atlantique, la mer avance et recule au rythme des heures, découvrant largement l’estran avant de revenir le recouvrir. Les pêcheurs ont su observer, comprendre… et s’adapter.
On voit bien que ces pêcheries sont nées de cette intelligence du lieu. Grâce à leurs pilotis, elles restent au-dessus de l’eau tout en permettant de positionner un filet toujours au bon niveau, que la mer soit haute ou basse.
Une pêche simple et patiente
Ici, pas besoin de bateau, car la pêche au carrelet se pratique depuis la côte. Le principe est simple: le pêcheur descend un filet carré dans l’eau, on attend… puis il le remonte avec une manivelle, avec parfois une belle surprise à la clé.
Mais pour que cela fonctionne, il faut atteindre une zone un peu avancée en mer. C’est pourquoi les pilotis prolongent la terre ferme et avancent au-dessus de l’océan.
Des constructions pensées pour résister
Sur la côte atlantique, le littoral n’est jamais totalement calme. Vent, vagues, tempêtes… ces pêcheries doivent tenir bon sans être trop rigides. Les pilotis laissent circuler l’eau entre eux, limitant ainsi la pression exercée par la mer.
Le bois, lui, joue un rôle essentiel : il apporte une souplesse précieuse, permettant à la structure de bouger légèrement sans céder.

S’adapter à un terrain difficile
Rochers, pentes, irrégularités… construire ici relève souvent du défi. Les pêcheries sont installées là où une construction classique serait compliquée, voire impossible.
Ancrés dans le sol, les pilotis offrent une solution simple et efficace : ils épousent le relief, sans nécessiter de lourds aménagements.
Une empreinte durable dans le paysage
Avec le temps, ces pêcheries sont devenues bien plus que de simples installations de pêche. Elles ponctuent gracieusement la côte et font le bonheur des promeneurs.
J’ai appris qu’elles appartenaient souvent à des particuliers et que leur implantation était strictement encadrée.

Une invitation à regarder autrement
J’aime l’idée que ces pêcheries racontent une histoire de patience, d’adaptation et de lien avec la mer.
Et vous, en vous promenant, vous êtes-vous déjà arrêtée pour les observer ? Quelle est votre préférée ?

Cet article fait partie de la série « Entre deux marées«
Bonjour. Je viens de lire votre article sur les pêcheries (au carrelet) , mais il aurait été bon, à mon sens, d’en dire un peu plus sur leurs origines. Cette pratique, telle que l’on peut la voir aujourd’hui sur notre littoral, date d’un siècle seulement. A l’origine, on pêchait ici au « bois debout ». Un simple mât fiché dans le sable, la vase, ou la fissure d’un rocher, servait de point d’appui à une grande perche faisant levier. Ce système permettait de relever un petit carrelet de 9 à 10 pieds de côté. Puis, nos anciens se sont installés sur une pointe rocheuse, sur laquelle le mât était scellé (ou non), et de là, le filet était remonté à la main ou à l’aide d’un treuil. Dans l’entre-deux guerres, les premières installations sur pilotis ont vu le jour, et leurs propriétaires étaient souvent des ouvriers ou des agriculteurs locaux. Ces constructions avancées en mer, étaient dépourvues de cabanes, nos aïeux ayant bien compris qu’elles offraient trop de résistance aux vents ou aux vagues lors des tempêtes. Si aujourd’hui ces « cabanes » font partie du paysage, elles ne sont là que depuis une bonne trentaine d’années seulement. Le 19/09, je fais une conférence à La PLaine sur ce même sujet, et je suis sûr que vous y apprendrez une multitude de choses…
Merci beaucoup pour toutes ces précisions très intéressantes. Je suis ravie d’en apprendre plus sur ces jolies pêcheries.